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Recomposition bocagère

Le territoire de Souleuvre en Bocage représente une superficie de 18 708 ha, au cœur du bocage virois, pour une population de plus de 8 700 habitants.

Soucieuse de préserver ce patrimoine paysager, la collectivité a engagé, dès 2002, une vaste opération de recomposition bocagère visant à conserver, renforcer et améliorer le maillage de haies sur son territoire.

La première commune bénéficiaire de l’opération a été La Ferrière-Harang en 2003. Depuis, de nombreux projets ont été accompagnés chaque année avec l’appui des partenaires institutionnels et des agriculteurs.

haies-boc-2018

Pourquoi parle-t-on de recomposition bocagère ?

Historiquement, les haies du bocage ont été plantées par nos ancêtres pour :

  • clore les parcelles,
  • se protéger du vent et de l’érosion,
  • disposer de bois de chauffage et de bois d’œuvre.

Après la Seconde Guerre mondiale, les profondes mutations agricoles et l’évolution des pratiques ont entraîné :

  • la mécanisation et l’agrandissement des parcelles,
  • la diminution du nombre d’exploitations,
  • des opérations de remembrement parfois mal conduites, à l’origine de la disparition de nombreuses haies.

La graphiose de l’orme, qui représentait près de 35 % de la flore ligneuse des haies dans les années 1970, a également contribué à la dégradation du bocage.

Face à cette situation, les pouvoirs publics et les collectivités se sont mobilisés. Le Conseil départemental du Calvados a mis en place dès 1982 un programme d’aides à la création et à la reconstitution de haies.

Dans le même esprit, la communauté de communes de Bény-Bocage a lancé sa propre opération de recomposition bocagère en 2003, aujourd’hui poursuivie par la commune de Souleuvre en Bocage.

À quoi servent les haies ?

Régulation de l’eau et prévention des inondations

Les haies constituent des discontinuités hydrologiques qui :

  • ralentissent le ruissellement,
  • redirigent les écoulements,
  • allongent le cheminement de l’eau en surface comme en profondeur.

Après la Seconde Guerre mondiale, les profondes mutations agricoles et l’évolution des pratiques ont entraîné :

Un ensemble de haies sur talus-fossé joue un rôle de barrage au ruissellement, canalise l’eau vers des exutoires (cours d’eau, mares…) et limite les inondations.

Le talus, grâce à son activité biologique (racines, lombrics…) et à sa richesse en matière organique, augmente la porosité du sol et favorise ainsi l’infiltration de l’eau.

Conservation des sols

En favorisant l’infiltration de l’eau et en réduisant le ruissellement, la haie :

  • limite l’érosion des sols,
  • réduit le pouvoir érosif de l’eau sur les parcelles en pente.

Segmenter un champ en pente par des talus plantés permet de réduire la longueur de la pente, et donc le risque de ravinement.

Réservoir et corridor de biodiversité

La haie est un véritable corridor écologique. Un maillage bocager dense et connecté permet :

  • l’accueil d’un grand nombre d’espèces (oiseaux, insectes, mammifères),
  • le maintien d’auxiliaires des cultures (prédateurs de ravageurs, pollinisateurs),
  • la présence d’une flore variée (jusqu’à 80 espèces ligneuses et herbacées sur un talus planté).

La recomposition bocagère contribue ainsi pleinement à la préservation de la biodiversité.

Protection des cultures et des élevages

Une haie bien constituée permet :

  • de réduire de 30 à 50 % la vitesse du vent,
  • d’augmenter la température du sol de 1 à 2 °C, de jour comme de nuit,
  • de favoriser la production végétale par amélioration des conditions de photosynthèse.

Pour l’élevage, l’effet brise-vent limite :

  • la perte calorifique des animaux,
  • certaines infections d’origine virale ou bactérienne.

Un talus planté peut permettre une augmentation du rendement de 6 à 20 %.

Production de bois

Depuis des siècles, les haies fournissent :

  • du bois de chauffage,
  • du bois pour les outils, piquets, charpentes, menuiseries…

Avec la raréfaction des énergies fossiles, le bois retrouve aujourd’hui une place importante : bûches, bois déchiqueté, granulés.

1 km de haie bien gérée fournit en moyenne 3 tonnes de matière sèche par an, soit :

  • environ 980 litres de fuel,
  • 10 stères de bois bûche,
  • 10 m³ de plaquettes de bois.

Cadre de vie et paysage

La haie structure le paysage bocager :

  • elle délimite les prairies, champs et fermes,
  • elle contribue à un paysage harmonieux,
  • elle permet de dissimuler certains éléments (bâtiments industriels, hangars…) et de mettre en valeur le bâti traditionnel et les éléments naturels (vallons, cours d’eau…).

Comment déposer votre demande d’urbanisme ?

Haies de haut jet

Haies de 15 à 20 mètres de hauteur, comprenant généralement trois strates :

  • arbres de haut jet : chêne, hêtre, tilleul…
  • cépées (arbres rabattus à la base) : charme, bouleau, châtaignier…
  • arbustes de bourrage : noisetier, cornouiller, fusain…

Haies moyennes

Haies de 8 à 15 mètres, composées de deux strates :

  • cépées : charme, aulne, châtaignier…
  • arbustes de bourrage : fusain, buis, noisetier…

Haies buissonnantes

Haies de 3 à 5 mètres, essentiellement constituées d’arbustes :

  • charme, coudrier, prunellier, etc.

Répartition des travaux

Travaux à la charge du bénéficiaire

  • Dépose de l’ancienne clôture,
  • débroussaillage de l’axe de plantation,
  • pose de la nouvelle clôture fournie par la commune,
  • fourniture et mise en place de protections contre les lapins si besoin,
  • entretien courant de la haie.

Travaux à la charge de Souleuvre en Bocage

  • Préparation du sol,
  • pose de la bâche,
  • fourniture et plantation des plants,
  • fourniture et mise en place des collerettes et du gravier,
  • fourniture et pose des protections sur les arbres de haut jet,
  • fourniture de la clôture agricole.

Financement de l’opération

L’opération de recomposition bocagère est financée à :

  • 70 % par le Conseil départemental du Calvados,
  • 30 % par la commune de Souleuvre en Bocage.

J’ai un projet de recomposition bocagère, que dois-je faire ?

Pour bénéficier de l’opération, les conditions suivantes doivent être remplies :

  • la zone de plantation doit se situer hors zone construite,
  • le projet doit comporter au moins 250 mètres linéaires de nouvelle haie.

Un projet isolé doit présenter une longueur minimale de 250 mètres. Cette distance peut être réduite si des projets voisins sont envisagés simultanément.

Les étapes

  1. Prise de contact
    Vous contactez le technicien bocage (coordonnées ci-dessous).
  2. Rendez-vous sur le terrain
    Une visite est organisée afin de :
    • présenter l’opération,
    • expliquer les enjeux (eau, paysage, biodiversité),
    • préciser les engagements réciproques.
  3. Étude du projet
    Le projet est instruit au regard des critères techniques et financiers.
  4. Information sur la décision
    Si le projet est retenu, vous êtes informé de la date prévisionnelle de début des travaux.

Et après ?

Environ un an après la plantation, généralement entre février et début mars, une réunion de démonstration de taille des jeunes haies bocagères est organisée à l’attention de l’ensemble des bénéficiaires.

Cette séance permet de :

  • présenter les bonnes pratiques de taille,
  • garantir une haie durable, fonctionnelle et bien structurée.
Contact Technicien bocage : Emmanuel MARIE